La Grande Muraille (en chinois traditionnel : 長城 ; simplifié : 长城 ; pinyin : Chángchéng ; littéralement la « longue muraille ») est un ensemble de fortifications militaires chinoises construites, détruites et reconstruites en plusieurs fois et plusieurs endroits entre le Ve siècle av. J.-C. et le XVIe siècle pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine.
Populairement, on désigne sous le nom de « Grande Muraille » la partie construite durant la dynastie Ming qui part du détroit de Shanhai sur les rives du fleuve Yalu à l'est pour arriver à Jiayuguan à l'ouest. La longueur de la muraille varie selon les sources. Selon un rapport de 1990, la longueur totale des murs serait de 6 700 km. En raison de sa longueur, la Grande Muraille est surnommée en chinois « La longue muraille de dix mille li » (萬里長城, wàn lǐ chángchéng), le li étant une unité de longueur et dix mille symbolisant l'infini en chinois. Ce surnom peut cependant être pris dans son sens littéral par approximation, 6 700 km faisant 13 400 li. En moyenne, la Grande Muraille mesure 6 à 7 m de hauteur, et 4 à 5 m de largeur. Contrairement à une idée reçue, cette construction, comme aucune autre d'ailleurs, n'est pas visible de l'espace.
La Grande Muraille est la structure architecturale la plus grande construite par l'homme en termes de longueur, surface et masse. Depuis 1987, elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO sous le numéro 438[1].
Histoire
Si le terme « Grande Muraille » désigne aujourd'hui principalement les fortifications érigées pendant la dynastie Ming, plusieurs murailles construites lors des dynasties précédentes ont porté ce titre, les frontières de la Chine évoluant avec le temps.
Traditionnellement, on divise l'histoire de la construction de la Grande Muraille en deux parties :
* l'une précédant l'unification de la dynastie Qin (221 av. J.-C.) lors de la période des Printemps et des Automnes et la période des Royaumes Combattants, où les divers états et royaumes qui divisaient la Chine érigent des murs de terre à leurs frontières ;
* l'une commençant lors de l'unification de la dynastie Qin, où l'empereur Shi Huangdi débute la construction d'un grand mur de « dix mille lieues de long » à la frontière nord.
Période antérieure à la dynastie Qin
Article détaillé : Royaumes combattants.
Les peuples chinois construisent des murs depuis leurs plus anciennes dynasties : le mur des Erliguan, construit près de la ville actuelle de Zhengzhou au début de la dynastie Shang (XVIIIe au XIIe siècle av. J.-C.) fait près de 7 km de circonférence et est toujours de nos jours à certains endroits plus de 9 m de haut.
Au VIIIe siècle av. J.-C., début de la période dite des Printemps et des Automnes, la Chine suit un système féodal : le territoire est divisé en une centaine de fiefs ou états dirigés par des princes, en théorie tous réunis sous l'égide des rois de la dynastie Zhou. La plus vieille référence littéraire porte sur un mur construit en 656 av. J.-C. par l'état de Qi.
Cependant au cours du temps, ces états s'annexent les uns les autres pour former des grandes principautés et au VIe siècle av. J.-C. certaines principautés au sud font sécession, comme le Chu ou le Wu. La Chine est alors vite morcelée en plusieurs royaumes indépendant se faisant la guerre et ne reconnaissant à la dynastie régnante guère plus qu'un pouvoir symbolique : c'est le début de la période des Royaumes combattants.
Vers cette époque, divers états entreprennent alors la construction de murailles pour se protéger de leurs voisins, ou des tribus non-chinoises. Ainsi, vers le Ve siècle av. J.-C., l'état de Qi commence la construction d'un mur dont des parties tiennent encore aujourd'hui debout. Au milieu du IVe siècle av. J.-C., l'état de Wei entreprend à son tour la construction d'un mur sur sa frontière ouest à côté de celui du Qi, puis un deuxième mur sur sa frontière est. Il fut imité par les états de Yan et Zhao. Des peuples non-chinois construisent également des murailles, comme les Yiju pour se protéger du Qin.
Communément, la technique utilisée pour dresser ces murailles était celle de la terre tassée : entre deux planches, des couches de terre de quelques centimètres sont tassées les unes au dessus des autres. Les planches sont alors retirées, laissant un mur de terre. Cette méthode permettait de dresser rapidement des murs solides pouvant résister aisément plusieurs siècles.
Dynastie Qin
Article détaillé : Dynastie Qin.
Petits points : Royaumes combattants (-475 - -221) Gros points : Dynastie Qin (-221 - -206).
En 221 av. J.-C., le seigneur de guerre Ying Zheng achève l'unification de la Chine et fonde la dynastie Qin dont il se proclame empereur sous le nom de règne de Shi Huangdi. Il entreprend alors de massives réformes. Suite aux attaques des tribus Xiongnu, au nord, il envoie le général Meng Tian pour que celui-ci repousse les Xiongnu, puis entreprenne la construction d'une grande muraille au delà du Fleuve Jaune pour protéger plus efficacement les territoires nouvellement conquis.
Cependant, les détails de la construction de ce mur sont très mal connus et les avis des historiens diffèrent quant à ce qui a vraiment été accompli par Shi Huangdi et Meng Tian. Il n'existe en tout qu'une seule source primaire relatant sa construction (principalement deux passages du Shiji), ainsi que quelques très courtes références dans les textes historiques ultérieurs comme le Livre des Han.
« Après que la dynastie Qin eut unifié l'Empire, le général Meng Tian fut envoyé au nord avec 300 000 hommes pour repousser les tribus barbares. Il conquit le Henan et construisit une Grande Muraille en se servant des avantages topographiques. Il construisit des forteresses aux défilés. La muraille partait de Lintao pour arriver à Liaodong sur plus de dix-mille li. Elle traversait le Fleuve Jaune pour arriver à Yangshan. »
— Sima Qian, Shiji, Chapitre 88 : Meng Tian.
« Après que le Qin eut conquis les six royaumes, l'empereur envoya le général Meng Tian avec 100 000 hommes au nord pour attaquer les barbares. Il captura le Henan et construisit des défenses autour du Fleuve Jaune. Il construisit quarante-quatre villes fortifiées pour surveiller le fleuve et des soldats furent mis en garnison à la frontière. Il utilisa les montagnes, les falaises, les torrents et les vallées. La muraille partait de Lintao pour arriver à Liaodong sur plus de dix-mille li et traversait le Fleuve Jaune entre Yangshan et Beijia. »
— Sima Qian, Shiji, Chapitre 110 : Les Xiongnu.
En dehors de ces deux textes, il n'existe pas d'autre récits concernant la muraille construite par Meng Tian. On ne sait donc ni quand elle a été construite, ni son tracé exact. Cette absence d'informations, et le fait que Sima Qian n'ait pas apporté plus d'informations dans son Shiji malgré l'ampleur apparente de l'ouvrage a étonné nombre d'historiens, et si les recherches archéologiques ont permis d'exhumer des portions de la muraille, elles apportent peu d'informations supplémentaires. Cependant, bien qu'aucune source historique ne le confirme, il est couramment admis que Meng Tian n'est pas parti de rien pour entreprendre la construction de la muraille et a probablement connecté et restauré des portions des murs des anciens Royaumes Combattants.
Cependant malgré les débats entre historiens et l'absence de récits historiques, la Grande Muraille construite par la dynastie Qin reste dans l'imaginaire populaire chinois une ½uvre colossale, fruit du travail forcé de milliers de bagnards, soldats, ouvriers et paysans, vision notamment renforcée par l'empereur Shi Huangdi qui est resté dépeint comme un monarque cruel. C'est de cette époque que date le surnom de « mur de dix mille li » (soit 5 760 km étant donné la valeur du li à l'époque de la dynastie Qin). C'est également depuis cette époque que l'on parle véritablement de « Grande Muraille ».
Dynastie Han
Article détaillé : Dynastie Han.
Han occidentaux (-206 - 25).
.
En 210 av. J.-C., l'empereur Shi Huangdi meurt et la dynastie Qin qu'il avait fondée ne lui survit que quelques années. En 202 av. J.-C., Liu Bang, un ancien soldat aux origines paysannes se rend maître de la Chine et se proclame empereur sous le nom de temple de Gaozu. Affaibli par sa précédente guerre de succession contre Xiang Yu, Gaozu abandonne l'entretien de la Grande Muraille des Qin, et lorsque les Xiongnu, désormais unis en confédération, se montrent menaçants et franchissent la frontière, plutôt que d'adopter une position offensive par l'utilisation de murailles comme l'avait fait Shi Huangdi, Gaozu tente d'acheter la paix par des tributs et des « unions harmonieuses », ou heqin, c'est-à-dire l'offre de princesses chinoises aux shanyu des Xiongnu. Pendant quelques décennies, ses successeurs feront de même. Cependant la Grande Muraille n'est pas complètement abandonnée : sous l'empereur Wendi (180 à 157 av. J.-C.) un ministre recommande la création de tuntian aux frontières (sortes de colonies agraires militaires) protégées par de petites murailles dans le but de coloniser la région et gêner les incursions des Xiongnu.
C'est principalement sous le règne de l'empereur Wudi, long de plus de cinquante ans, que la construction de la Grande Muraille prend un essor considérable. En 134 av. J.-C. le statu quo entre les Chinois et les Xiongnu est rompu après le fiasco de Mayi. Contrairement à ses ancêtres, Wudi décide de prendre une attitude franchement offensive contre les Xiongnu et lance en 129 av. J.-C. une première expédition, suivie par de nombreuses autres. Wudi fait restaurer et connecter des portions de la muraille de la dynastie Qin et puis l'étend au fur à mesure de ses campagnes à travers ce qui deviendra la route de la soie. En 119 av. J.-C., les Xiongnu sont repoussés à travers le désert de Gobi en Mongolie intérieure, et une nouvelle section de la muraille, longue de près de 400 km y est construite et s'y dresse encore de nos jours.
Comme pour la muraille de la dynastie Qin, la matière première dépend alors des disponibilités des terrains tandis que le tracé et l'emplacement des tours de guets, garnisons et passages sont choisies en fonction des avantages stratégiques naturels offerts par la configuration des régions. La section construite dans le désert de Gobi est notamment remarquable pour l'utilisation des cailloux présents dans les sables locaux : en tamisant le sable, les ouvriers obtiennent du gravier. Les murs sont alors bâtis en alternant les couches tassées de gravier et de roseau, puis étaient recouverts d'argile afin d'être à la fois protégés de l'érosion et difficiles à escalader.
Des forts sont construits à côté des murailles, voire directement intégrés aux murs et un système de signaux de fumées permet de prévenir d'une attaque xiongnu. Afin de garantir la rapidité de l'arrivée des renforts, l'armée fait principalement usage de cavalerie légère. La Grande Muraille traverse également les importantes routes commerciales, permettant le contrôle des imports. Sur environ vingt ans, Wudi aura prolongé la Grande Muraille sur près de mille kilomètres. Vers 90 av. J.-C., les offensives xiongnu se font de plus en plus rares et durant environ un siècle et demi la construction de la muraille se voit ralentie.
En 9 après J.-C., la dynastie Han est éclipsée par l'éphémère dynastie Xin avant d'être restaurée en 23 par l'empereur Geng Shidi. Celui-ci doit faire face à des guerres civiles et lorsque l'empereur Guang Wudi monte sur le trône deux ans plus tard, son armée est trop affaiblie pour contenir efficacement les Xiongnu. Il ordonne la construction de quatre nouvelles murailles pour ralentir leur avancée et protéger la capitale. Finalement, vers 48, les Xiongnu connaissent des dissensions internes et se divisent en deux groupes : les Xiongnu septentrionaux et les Xiongnu méridionaux. Les Xiongnu méridionaux font tampon entre leurs homologues du nord et la Chine se montrent relativement disposés à co-exister avec ces derniers ce qui met un hiatus à la construction de nouveaux murs.
Vers la fin de la dynastie Han, l'empire doit faire face à de nombreuses rebellions et guerres civiles, notamment la rébellion des Turbans Jaunes (184-205) et même si les seigneurs de guerre du nord comme Yuan Shao ou Cao Cao doivent occasionnellement faire face aux rebellions des Xiongnu, l'état de l'empire force plus à se concentrer sur les luttes intestines. Cao Cao parvient cependant à rallier les Xiongnu méridionaux à lui tout en les divisant en cinq groupes montés les uns contre les autres et donc moins enclins à se rebeller contre lui, diminuant par là grandement l'utilité de la Grande Muraille. Finalement en 220, à la mort de Cao Cao, la Chine est divisée en Trois Royaumes séparés par des barrières naturelles et se faisant continuellement la guerre, rendant la construction et l'entretien de grandes murailles peu pertinents. Ce n'est pas avant la fin de la dynastie Wei du Nord, vers le VIe siècle qu'apparaît le projet de construire une nouvelle Grande Muraille, cependant ce projet ne sera jamais mis à exécution, et de tous les royaumes rivaux de l'époque, seul le Qi construit des murs.
La dynastie Jin 晉 (265–420), divisée en Jin occidentaux (265-316) et Jin orientaux (316-420), succéda au Royaume de Wei (période des Trois royaumes de Chine) et compta en tout 15 empereurs. Ses capitales furent Luoyang (265-311) puis Jiankang (316-420), avec un bref intermède à Chang'an (311-316). Les Seize Royaumes occupaient le Nord de la Chine durant les Jin orientaux, qui furent évincés en 420 par la dynastie Liu-Song, inaugurant la période des dynasties du Nord et du Sud.
La dynastie Jin fut fondée juste après la conquête de Shu par Wudi, issu du clan Sima (司馬 pinyin : Sīmǎ) fournissant généraux et stratèges aux Wei.
Jarre à thème bouddhiste, Jin occidentaux
Elle connut rapidement son apogée militaire avec la conquête des Wu en 280 qui reconstitua l'empire, mais dut constamment lutter contre les seigneurs de guerre et souverains des ethnies non Han qui finirent par occuper le Nord. La faiblesse des institutions étatiques permettait aux grandes familles et aux généraux de disputer le pouvoir aux empereurs, entraînant une instabilité politique chronique qui empêcha les Jin de consolider leur position sur l'ensemble du pays.
Le déplacement de la cour et de l'aristocratie dans la région de l'actuelle Nankin à la fin des Jin occidentaux contribua à la poursuite de l'intégration du Sud dans l'empire. En dépit de - ou parfois grâce à l'instabilité politique, la période fut féconde sur le plan de la philosophie et de la religion : Xuanxue et Qingtan, apogée des Maîtres célestes et naissance de nouveaux courants taoïstes, développement de l'alchimie et du bouddhisme du Sud avec des personnalités comme Ge Hong et Huiyuan. Des progrès techniques eurent lieu, en particulier dans les domaines du tissage, des couleurs de papier, de la médecine et de la métallurgie. Dans le domaine des arts, on peut citer le calligraphe Wang Xizhi (王羲之 303-361) ainsi que le poète Tao Yuanming.
Sommaire
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* 1 Jin occidentaux ou Xi Jin 西晉 (ensemble de la Chine)
o 1.1 Empereurs
* 2 Jin orientaux ou Dong Jin 東晉 (Chine du Sud)
o 2.1 Empereurs
* 3 Culture
* 4 Autres
* 5 Voir aussi
Jin occidentaux ou Xi Jin 西晉 (ensemble de la Chine)
Le prestige et le style flamboyant de Wudi – il se constitue l'un des gynécées les plus importants de l'histoire impériale, allant jusqu'à interdire en 273 les mariages pour choisir ses concubines en priorité – ainsi que la réunification de l'empire avec la prise de Wu en 280 n'empêchent pas la situation de se dégrader rapidement. Les structures étatiques sont faibles et les empereurs constamment sur le qui-vive face aux ambitions des grandes familles. Luttes de palais et rébellions se succèdent, comme celle des Huit Princes (bawangzhiluan 八王之亂) (291-306), particulièrement dommageable. Des rébellions contre l'empire inspirées par le nationalisme Wu ont lieu dans le Sud, mais d'origine populaire, elles sont réprimées par les grandes familles locales Zhou (周) – basés à Yixing - et Shen (沈) – basés à Wuxing. Par contre, face aux ambitions territoriales des peuples non Han du Nord-Ouest, les empereurs hésitent parfois à déployer toute leur puissance de contre-attaque de crainte de donner à leurs généraux trop de d'importance. Les royaumes « barbares » finissent par chasser les Jin du Nord ; c'est le début de la période dite des « troubles des Cinq Hu » (wuhuluanhua 五胡亂華), terme représentant collectivement les peuples frontaliers.
Empereurs
1. Wudi (Sima Yan) (265-290)
2. Huidi (Sima Zhong) (290-306)
3. Huaidi (Sima Chi) (306-313)
4. Mindi (Sima Ye) (313-316)
Jin orientaux ou Dong Jin 東晉 (Chine du Sud)
À partir de 311, le pouvoir est sérieusement menacé dans le Nord avec la capture de l'empereur Huaidi par les Han-Zhao. En 316/317 Sima Rui (司馬睿) prend de facto la tête de la dynastie à Jianye (建業)/Jiankang, actuelle Nankin, où il s'est installé comme gouverneur du Sud sur les ordres du régent impérial. Après l'exécution de Mindi par Han-Zhao en 318, Sima Rui devient officiellement l'empereur Yuandi. Wang Dao (王導), issu d'une famille de conseillers, l'a suivi et s'efforcera jusqu'à sa mort en 339 de stabiliser l'État Jin dans le Sud. Sima Rui est rejoint par de nombreux aristocrates et fonctionnaires ; beaucoup de Hakkas font remonter à cette époque le départ de leurs ancêtres depuis la vallée du fleuve Jaune, bien que les historiens n'en soient pas convaincus. L'empereur doit faire face à l'opposition des clans locaux Zhou et Shen, contre lesquels il obtient l'appui des clans Zhu (朱), Zhang (張), Gu (顧) et Lu (陸) de Wujun (吳郡), actuelle Suzhou. Les généraux luttant efficacement contre les royaumes du Nord constituent également une menace, comme Huan Wen (桓溫), qui est à deux doigts d'usurper le pouvoir en 373. Une brève union se constitue devant la menace des Qin antérieurs, repoussés en 383 à la bataille de la rivière Fei, mais aussitôt après les rivalités reprennent, ainsi que des révoltes populaires dues à la vie difficile des paysans sous le régime économique des grandes exploitations.
En 403, Huan Xuan (桓玄), fils de Huan Wen, tue Sima Daozi, oncle et régent de l'empereur Andi et se déclare fondateur de la dynastie Huan-Chu (桓楚), prenant Andi en otage. Ce dernier est délivré et rétabli sur le trône en 405 par Liu Yu. après plusieurs victoires militaires, dont la destruction des Qin postérieurs en 417, Liu Yu prend le pouvoir en 420 ; il dépose Gongdi qu'il fera assassiner l'année suivante et inaugure la dynastie Liu-Song et le début de la période des dynasties du Nord et du Sud.
Empereurs
1. Yuandi (Sima Rui) (317-322)
2. Mingdi (Sima Shao) (322-325)
3. Chengdi (Sima Yan) (325-342)
4. Kangdi (Sima Yue) (342-344)
5. Mudi (Sima Dan) (344-361)
6. Aidi (Sima Pi) (342-365)
7. Sima Yi (365-371)
8. Jianwendi (Sima Yu) (371-372)
9. Xiaowudi (Sima Yao) (372-396)
10. Andi (Sima Dezong) (396-418)
11. Gongdi (Sima Dewen) (418-420), abdique
Culture
Les sept sages du bosquet de bambous représentés avec l'ermite Rong Qiqi (榮啟期) des Printemps et Automnes sur une tombe des dynasties du Sud
L'ambiance factieuse des milieux du pouvoir où les conflits sont souvent meurtriers entraîne une désafection de certains jeunes aristocrates vis à vis de la politique et leur repli dans le qingtan, « pure conversation », joutes oratoires codifiées. Ses adeptes, lettrés et poètes, adoptent parfois un mode de vie hédoniste ou excentrique qui vaudra au mouvement sa mauvaise réputation dans l'histoire officielle écrite selon la perspective confucéenne. Le qingtan s'insère dans le courant xuanxue apparu sous les Wei. Bien qu'il soit catalogué taoïste, ses auteurs, souvent engagés dans la fonction publique, mettent parfois les notions taoïstes au service du confucianisme ou s'en servent pour justifier l'ordre social. Les personnalités les plus représentatives en sont les philosophes Wang Bi et He Yan (Wei), Xiang Xiu et Guo Xiang, ainsi que les sept sages du bosquet de bambous (竹林七賢) : Xi/Ji Kang (嵇康), Liu Ling (劉伶), Ruan Ji (阮籍), Ruan Xian (阮咸), Xiang Xiu (向秀), Wang Rong (王戎) et Shan Tao (山濤).
Le bouddhisme poursuit son implantation. Il apporte sa contribution au xuanxue ; des moines participent au qingtan et on reconnait certaines influences bouddhistes chez ses auteurs qui les traduisent à leur manière. Sous les Jin orientaux, le moine d'origine nordique Huiyuan établit sur le mont Lu dans la Chine du sud un centre de rayonement bouddhiste où naît le mouvement Terre pure. Dans le Nord occupé par les Seize royaumes, des travaux importants de traduction sont entrepris sous l'égide des souverains et la direction de Dao'an (Qin antérieurs) et Kumarajiva (Qin postérieurs). Le moine Faxian quitte le domaine des Qin postérieurs pour un long périple (399-414) aux sources du bouddhisme relaté dans Relation des royaumes bouddhiques (Foguoji 佛國記), dont il rapporte des textes.
Le taoïsme également poursuit son développement. Le mouvement des maîtres célestes toujours florissant s'étend au sud du Changjiang avec la réunification et l'exil de l'aristocratie vers le sud. En 399, Sun En (孫恩) de Wu et son parent Lu zhi (盧循), leaders locaux du mouvement, entreprennent une tentative de rébellion qui entrainent une restriction du mouvement à la fin des Jin orientaux. Entretemps, les futurs courants phares des dynasties du Nord et du Sud et des Sui-Tang, Shangqing et Lingbao se constituent avec Wei Huacun pour le premier et Ge Chaofu pour le second. Du côté des alchimistes, Ge Hong, grand-oncle de Ge Chaofu, laisse un témoignage important avec le Baopuzi.
Luoshenfu de Gu Kaizhi
Sur le plan des arts, on peut citer le calligraphe Wang Xizhi (王羲之) et son fils Wang Xianzhi (王獻之) et le peintre Gu Kaizhi (顧愷之).
La poésie fu poursuit la tradition dite de Jian'an (建安) entamée sous les Han avec Zhang Zai (張載), Zhang Xie (張協), Zhang Yuan (張元), Lu Ji (陸機), Lu Yun (陸雲), Pan Yue (潘岳), Pan Ni (潘尼), Zuo Si (左思). Certains s'inspirent de l'esprit du qingtan comme Sun Diao (孫悼) ou Guo Pu (郭璞). Les autres styles sont représentés par Ji Kang, Ruan Ji et surtout Tao Yuanming. Guo Pu est aussi connu pour ses commentaires du dictionnaire Erya, du Livre des monts et des mers et de la Légende du roi Mu (穆天子傳).
L'action de la légende populaire de Liang Shanbo et Zhu Yingtai (梁山伯與祝英台) se situe sous les Jin orientaux.
Dans le domaine des sciences et techniques, on peut citer le cartographe Pei Xiu (裴秀)(224-271), ministre des Jin occidentaux, ainsi que les travaux chimiques et médicaux des alchimistes dont Ge Hong qui rédige le premier traité de médecine d'urgence, le Zhouhoubeijifang (肘後備急方). Le papier se perfectione et remplace massivement les lamelles de bambou.
Autres
Une deuxième dynastie Jin 金 a dirigé la Chine du Nord. Elle a été fondée en 1115 par Taizu, du peuple mandchou des Jurchen, et a pris fin en 1234 par l'invasion des Mongols de Gengis Khan.
Dynastie Ming
La dynastie Ming (明朝, en pinyin : míng cháo), 1368-1644, fut une lignée d'empereurs de Chine. Par abus de langage, la dynastie Ming désigne aussi l'époque couvrant la durée du règne de celle-ci. Elle suivit la dynastie Yuan et précéda la dynastie Qing et fut fondée par la famille des Zhu ; il y eut 16 empereurs durant cette dynastie. Ming s'écrit en chinois avec le caractère 'lumière, clarté'.
Au milieu du XIVe siècle, après plus d'un siècle de domination mongole sous les Yuan, la population chinoise rejeta le « règne des étrangers ». Ce mouvement, qui prit la forme d'une suite de révoltes paysannes, repoussa la dynastie Yuan dans les steppes mongoles et établit la dynastie Ming en 1368. La dynastie Ming s'ouvrit sur une renaissance culturelle : les arts, particulièrement l'industrie de la porcelaine, se développèrent comme jamais auparavant. Les marchands chinois explorèrent et commercèrent dans tout l'océan Indien, atteignant même l'Afrique lors des voyages de Zheng He ; on construisit une grande flotte comprenant des navires à quatre mâts de tonnage supérieur à 1500 tonnes. L'armée régulière comptait un million d'hommes ; plus de cent mille tonnes de fer étaient produites par an, en Chine du Nord, et de nombreux livres furent imprimés à l'aide des caractères mobiles inventés au XIe siècle. Il a été dit que la Chine du début de l'ère Ming était le pays le plus avancé de la Terre.
À partir du milieu du XIVe siècle, de nombreuses catastrophes naturelles suivies de rébellions paysannes, la guerre civile contre la domination mongole, et la conversion des gouvernants à un mode de vie chinois avaient affaibli la dynastie Yuan et finalement bouté les Mongols hors de Chine, vers ce qui est de nos jours la Mongolie. Le chef de file de cette rébellion était Zhu Yuanzhang.
Orphelin dès son adolescence, Zhu Yuanzhang (朱元璋), futur empereur Hongwu (洪武), entra dans un monastère bouddhiste pour éviter la famine, et rejoignit en 1352 l'armée de Guo Zixiang, l'un des chefs des Turbans rouges, un grand mouvement de rébellion dont certains meneurs étaient membres du Lotus blanc. Plus tard, alors qu'il était devenu un chef rebelle déterminé, il fit la connaissance d'un érudit confucéen qui lui enseigna les affaires d'État. Il se redéfinit alors comme un défenseur du confucianisme et des conventions néo-confucéennes, et plus comme un simple rebelle populaire. Malgré ses humbles origines, il devint la figure de proue du mouvement patriotique Han contre la dynastie vieillissante des Yuan. Une fois ses rivaux battus, il s'autoproclama empereur le 23 janvier 1368, établissant sa capitale à Nanjing qu'il avait nommée Yingtianfu (應天府), et adoptant Hongwu comme nom de règne. La tradition populaire prétend qu'il aurait choisi le nom de sa dynastie Ming, « lumière », pour continuer de bénéficier du soutien populaire accordé par les masses au « Roi de lumière » attendu en sauveur par les mouvements religieux d'inspiration manichéenne soutenant la rébellion. Il devint ainsi à plus de mille ans d'intervalle le deuxième fondateur dynastique à venir de la classe paysanne, le premier étant l'empereur Gao Zu de la dynastie Han, plus d'un millénaire auparavant. Bien plus tard, Mao Zedong et Deng Xiaoping, deux autres révolutionnaires d'origine paysanne, dirigeront à leur tour le pays le plus peuplé de la planète.
Étant donné que les envahisseurs mongols, même repoussés, restaient un danger très présent, Hongwu n'adopta pas la position classique confucéenne qui considérait les militaires comme une classe inférieure aux bureaucrates qui devaient les contrôler. Maintenir une armée forte était tout simplement indispensable tant que les Mongols restaient une menace. Le nom « Hongwu » signifie d'ailleurs « vaste armée » et reflète bien le prestige agrandi des militaires.
Par contre, il partageait pleinement l'aversion confucéenne pour le commerce et encouragea l'établissement de communautés agricoles indépendantes. La gestion féodalisée des terres qui avait repris cours sous les dynasties Song et les Yuan fut supprimée dès l'établissement de la nouvelle dynastie. Les grands domaines fonciers furent confisqués par le gouvernement, morcelés et loués ; l'esclavage privé fut interdit. Par conséquent, après la mort de l'empereur Yongle (Yung-lo), les petits paysans propriétaires et indépendants formaient la part majeure de la population agricole.
Sous le règne de Hongwu, les bureaucrates mongols et issus d'ethnies non-Han, qui avaient dominé le gouvernement durant près d'un siècle, furent remplacés par des Chinois. On restaura et renouvela le système traditionnel des examens, qui sélectionnait les fonctionnaires d'après leur mérite et leurs connaissances en littérature et en philosophie. Les candidats pour des postes de fonctionnaire civil ou d'officier militaire devaient passer le concours traditionnel de connaissance des classiques chinois. L'élite confucéenne, marginalisée sous le règne des Mongols, reprit son rôle prédominant au sein de l'État.
Hongwu réussit à renforcer son contrôle sur tous les aspects du gouvernement pour que personne ne puisse posséder assez de pouvoir pour le détrôner. Pour parer aux menaces extérieures, il tenta d'améliorer les défenses des frontières nord du pays. À l'intérieur, il concentra de plus en plus le pouvoir entre ses propres mains. Il abolit le Secrétariat Impérial, qui était l'administration principale sous les dynasties précédentes, après avoir étouffé un complot dont il accusait son premier ministre. Très longtemps avant, lorsque le statut d'empereur était devenu héréditaire, le poste de premier ministre avait été instauré dans le but de garantir un niveau de continuité et de compétence dans le gouvernement au cas où des empereurs incompétents se succèderaient. Mais Hongwu, recherchant une autorité absolue, abolit ce poste et supprima ainsi l'unique protection contre l'incompétence d'un empereur. Son petit-fils Jianwen lui succéda, mais le trône fut vite usurpé par son oncle Zhu Di, fils de Hongwu, qui régna alors sous le nom d'empereur Yongle (Yung-lo) de 1402 à 1424.
Ayant pris note du rôle néfaste qu'avaient joué les eunuques à la cour des Song, il prit de nombreuses mesures contre eux : il réduisit grandement leur nombre, leur interdit de posséder des documents, insista pour qu'ils restent illettrés et élimina ceux qui s'immisçaient dans les affaires d'État. Son aversion est symbolisée par une plaque dans son palais déclarant : « Les eunuques ne doivent rien avoir à faire avec l'administration. » Dès le règne de son successeur, ils commencèrent cependant à regagner une certaine influence.
Le pouvoir devint ainsi de plus en plus autocratique, bien que Hongwu fût obligé de continuer à utiliser ceux qu'il appelait les « Grands Secrétaires » pour l'aider dans l'immense paperasserie de la bureaucratie, qui comprenait demandes (pétitions et recommandations pour le trône), édits impériaux en réponse, rapports de diverses sortes, et archives fiscales.
Les débuts de l'ère Ming sous le règne du premier empereur furent caractérisés par une croissance rapide et remarquable de la population, largement due aux réformes agricoles impulsées par Hongwu et à l'augmentation des ressources alimentaires. À la fin de la dynastie, la population avait probablement augmenté de plus de moitié grâce à l'amélioration importante des techniques agricoles soutenue par un État agraire issu d'une rébellion paysanne pro-confucéenne.
De l'exploration des Ming à l'isolation
La xénophobie et l'introspection intellectuelle caractéristique de la nouvelle école néo-confucianiste, de plus en plus populaire sous les Ming, ne mena pas à une isolation physique de la Chine. Les contacts avec le monde extérieur, en particulier avec le Japon, et le commerce extérieur augmentèrent considérablement. Yongle tenta d'étendre l'influence de la Chine au-delà de ses frontières en encourageant les autres dirigeants à envoyer les ambassadeurs en Chine pour y payer un tribut. Les armées chinoises reconquirent Annam et bloquèrent l'expansionisme mongol, tandis que la flotte chinoise naviguait dans les mers de Chine et dans l'océan Indien, allant jusqu'à la côte est de l'Afrique. Les Chinois eurent une certaine influence sur le Turkestan. Les nations maritimes asiatiques envoyèrent des envoyés avec un tribut pour l'empereur chinois. Intérieurement, le Grand Canal fut étendu jusque dans ses limites les plus reculées et stimula le commerce intérieur.
Toutefois la plus extraordinaire aventure de cette époque fut l'aventure des sept expéditions de Zheng He, qui traversa l'Océan Indien et l'archipel d'Asie du Sud. Eunuque musulman ambitieux, descendant des Mongols, aussi étranger que possible à l'élite confucéenne des mandarins, Zheng He conduisit sept expéditions maritimes de 1405 à 1433, six d'entre elles sous les auspices de Yongle. Ces expéditions explorèrent les mers du sud, à travers l'océan Indien et passèrent peut-être le cap de Bonne-Espérance, et selon l'hypothèse de 1421, les Amériques. Sa convocation en 1403 pour diriger une force de troupes dans les mers lointaines fut un triomphe pour les groupes commerciaux cherchant à stimuler le commerce traditionnel et non le mercantilisme.
Les intérêts des lobbies commerciaux et religieux étaient liés. Les offensives de l'élite intellectuelle néo-confucéenne et des lobbies religieux encourageaient au commerce et à l'exploration pour détourner les fonds de l'État de la lutte anti-cléricale des érudits confucéens. La première expédition en 1405 était constituée de 62 navires et 28 000 hommes, c'était alors la plus grande expédition maritime de l'histoire de la Chine. Les navires à plusieurs ponts de Zheng He transportaient plus de 500 hommes mais aussi des cargaisons de produits d'exportation, principalement de la soie et des porcelaines, et ils ramenèrent des objets de luxe étrangers comme les épices et des bois tropicaux.
Le motif économique de ces grandes entreprises avait dû être important et plusieurs de ces navires possédaient de grandes cabines privées pour les marchands mais le but principal était sûrement politique. En effet, la Chine voulait les tributs des autres États pour marquer la renaissance de l'Empire du Milieu après un siècle de domination barbare. Le caractère politique des voyages de Cheng-Ho indiquait la prééminence des élites politiques. Malgré leurs puissances formidables et sans précédents, les expéditions de Zheng He, contrairement aux expéditions européennes du XVe siècle, n'étaient pas destinées à étendre la souveraineté de la Chine au-delà des mers. Preuve de la compétition entre les élites, ces excursions sont aussi devenues critiquées politiquement. Les voyages de Zheng He sont soutenus par les autres eunuques mais violemment critiqués par les fonctionnaires confucéens. Leur aversion était si forte qu'ils essayèrent de supprimer toute mention de ses voyages dans les rapports impériaux officiels. Les raids mongols faisaient pencher la balance en faveur des fonctionnaires.
À la fin du XVe siècle, des lois interdirent aux Chinois de construire des navires maritimes ou de quitter le pays. Les historiens sont maintenant d'accord pour dire que cette mesure fut prise pour contrer la piraterie. De toute façon, ces restrictions sur l'émigration et la construction navale furent en grande partie levées au milieu du XVIIe siècle.
Les historiens des années 1960 comme John Fairbank et Joseph Levinson pensent que cette rénovation déboucha sur une stagnation et que sciences et philosophie étaient prisonnières des traditions, étouffant toute nouvelle tentative. Ces historiens s'appuient sur le fait qu'au XVe siècle, les décrets impériaux réduisirent la superbe flotte, interdirent la construction de bateaux pouvant aller en mer et sur le constat d'une industrie de l'acier déclinante.
rie de l'acier déclinante.
Le déclin des Ming, la révolution commerciale avortée
La combinaison de longues guerres avec les Mongols, des incursions japonaises en Corée, des provocations de la flotte japonaise sur les cités côtières durant le XVIIe siècle affaiblirent la dynastie, qui est renversée par la dynastie Qing.
Les historiens s'interrogent sur les raisons de la progression plus lente du capitalisme et de l'industrialisation en Chine par rapport à l'Europe. En effet, à la fin de l'ère Ming, les conditions de développement du « capitalisme naissant » de la Chine, s'apparentaient fortement à celles de l'Ouest.
Des historiens économistes récents tels que Kenneth Pomeranz estiment que les conditions économiques et technologiques étaient équivalentes jusqu'aux années 1750, mais que la divergence s'explique notamment par des conditions d'accès aux ressources naturelles différentes.
Le c½ur du débat reste néanmoins dans les contrastes des systèmes économiques et politiques de l'Est et de l'Ouest. Si l'on admet que les transformations économiques sont à l'origine de changements sociaux, ce qui a également des conséquences politiques, l'on comprend mieux pourquoi le développement du capitalisme, un système économique qui fait travailler le capital en vue de produire plus de capital, a été une force d'entraînement pour l'Europe moderne.
On peut distinguer plusieurs étapes dans l'histoire du capitalisme occidental. Le capitalisme commercial est la première étape et est associé à des phénomènes historiques que l'on retrouve durant la période Ming : les découvertes géographiques et la colonisation, l'innovation scientifique et le développement du commerce maritime intercontinental. Mais en Europe, les gouvernements protègent la classe bourgeoise naissante, en majorité composée de marchands, via un contrôle étatique, des subventions et des accords de monopole, tels que ceux accordés à la British East India Company. Les gouvernements absolutistes de cette période voient tout le profit du développement de la bourgeoisie marchande pour enrichir l'État.
Le ralentissement de ce développement est d'autant plus surprenant si l'on considère l'existence durant le dernier siècle de la dynastie Ming d'une véritable économie monétaire couplée à l'émergence de grandes entreprises industrielles et commerciales, publiques et privées, telles que les grands centres textiles du sud-ouest. Cette question est au c½ur des débats concernant le relatif déclin de la Chine en comparaison avec l'Occident moderne, au moins jusqu'à la venue du maoïsme.
Dans les années 1970, les historiens marxistes chinois identifient l'ère Ming comme celle d'un capitalisme naissant, timide, ce qui n'explique pas pour autant la régression du commerce et l'emprise exercée par la régulation étatique sur le commerce pendant cette période. Ces historiens considèrent que le coup d'arrêt a été porté par la conquête mandchoue et l'expansion de l'impérialisme européen, en particulier à la suite des guerres de l'opium.
L'école post-moderne sur la Chine considère cette théorie comme simpliste sinon erronée. Ces historiens, parmi lesquels on trouve Jonathan Spence, Kenneth Pomeranz, et Joanna Waley-Cohen nient le fait que la Chine se soit repliée sur elle-même à cette période en mettant en évidence l'augmentation du volume des échanges entre la Chine et l'Asie du Sud-Est. L'interdiction de la navigation en haute mer, qui avait pour objet de limiter la piraterie, a été décidée au milieu de l'ère à la demande pressante de l'administration qui soulignait son effet néfaste sur le commerce côtier. Lorsque les Portugais débarquèrent en Inde, ils y trouvèrent un réseau commercial en expansion qu'ils suivirent jusqu'en Chine. Ensuite, au XVIe siècle, les Européens font leur apparition sur les rivages orientaux et créent le premier comptoir commercial européen en Chine, Macao.
D'autres historiens lient généralement le développement prématuré du mercantilisme et de l'industrialisation sur le modèle occidental au déclin de la dynastie de Ming.
Le rôle de l'État dans le freinage du commerce est le thème sur lequel se focalise l'essentiel du débat. Durant les premières années de la dynastie Ming, Hongwu est plus intéressé par les revenus que l'État peut tirer de l'agriculture que du commerce. Peu au fait des processus économiques, et poussé par la bourgeoisie adepte de Confucius, Hongwu accepte le point de vue confucéen selon lequel les marchands sont uniquement des parasites. Le confucianisme défend l'idée selon laquelle la richesse doit être tirée de l'agriculture et non du commerce qui est une ignominie. Ce point de vue a pu être d'autant plus facilement accepté par Hongwu du fait de ses origines paysannes. Par conséquent, durant l'ère Ming, l'accent est mis sur la terre. Au contraire, la dynastie Song qui avait précédé les Mongols, tirait ses revenus des marchands et du commerce. Les lois régissant le négoce et les restrictions sur le travail des artisans restent essentiellement les mêmes que sous la période Song, mais les négociants étrangers issus de la période mongole doivent désormais également respecter ces lois, et leur influence diminue rapidement.
La fin de l'époque Ming a connu l'émergence d'une économie monétaire fondée sur l'argent, grâce, en grande partie au commerce avec le Nouveau Monde via l'Espagne et le Portugal. Le flux d'argent en provenance du Nouveau Monde servait à payer les exportations chinoises de thé, de soie et de céramique, les hommes d'affaires chinois ayant trouvé un moyen de produire une porcelaine meilleur marché pour satisfaire les marchés européens. Cependant, on peut difficilement parler de capitalisme émergent tant le poids du politique sur l'économie est important. En Europe, le capitalisme est soutenu par l'État qui voit dans la bourgeoisie qui en est issue, une nouvelle base d'imposition. La Chine n'a pas développé le système au même niveau.
Le règne de Hongwu vit néanmoins apparaître le papier-monnaie. Mais sa méconnaissance du phénomène inflationniste le força, en 1425, à réintroduire des pièces de monnaie en cuivre, la valeur des billets ayant été divisée par soixante-dix.
Le contrôle et non le soutien de l'État sur l'économie, ainsi que sur l'ensemble de la société fut l'une des caractéristiques de l'ère Ming. La concentration exacerbée des pouvoirs entre les mains d'empereurs de moins en moins compétents est une piste d'explication avancée par les historiens occidentaux.
Dans un premier temps, Hongwu conserva le « Grand Secrétariat » afin de l'assister dans l'immense travail administratif. Cependant, Hongwu concentra de plus en plus les pouvoirs et en 1380, abolit le secrétariat impérial qui avait été le principal corps administratif central pendant les dynasties précédentes. Le rôle de premier ministre, créé dans le but de garantir un niveau de continuité et de compétence dans le gouvernement alors que des empereurs incompétents pouvaient se succéder, fut abolit par Hongwu, recherchant une autorité absolue.
Bien que très compétent comme administrateur, Yongle fit une série de choix politiques désastreux. En premier lieu, alors que Hongwu avait maintenu quelques pratiques mongoles telles que la punition corporelle, au grand dam des élites confucianistes qui souhaitaient le voir gouverner par la vertu, Yongle dépassa ces limites. Il se livra à l'assassinat des familles de ses opposants, et fit exécuter arbitrairement des milliers de personnes. Par ailleurs, malgré l'aversion de Hongwu pour les eunuques, ses successeurs firent revivre leur rôle informel dans le gouvernement. Hongwu, en effet, à la différence de ses successeurs, avait relevé le rôle destructif des eunuques de cour sous les Song. Enfin, le cabinet ou « grand secrétariat » de Yongle devint une sorte d'instrument rigide de consolidation du pouvoir ce qui en fit un instrument de déclin.
Si Hongwu lui-même est généralement considéré comme un empereur fort à l'origine d'une puissance et d'une efficacité impériales qui ont duré longtemps après son règne, la centralisation de l'autorité qu'il avait engagée fit des ravages sous le règne d'empereurs moins compétents.
Dynastie Qing
C'est sous la dynastie Qing (1644 - 1911) que la muraille prit sa forme actuelle pour empêcher les armées turques et mongoles d'envahir la Chine.
Géographie
La Grande Muraille est située en Chine, au nord. Elle part de la frontière avec la côte au nord de Pékin et va jusqu'au désert de Gobi.
Architecture .
La Grande Muraille est la plus longue construction humaine au monde.
Elle parcourt environ 6 700 kilomètres. Des études par satellite ont montré que de nombreux segments, d'une longueur totale d'environ 1 000 kilomètres, étaient de nos jours enfouis sous terre.
Sa largeur varie entre 5 et 7 mètres en moyenne et sa hauteur entre 5 et 17 mètres. Elle est ponctuée de tours de guet et de bastions sur toute sa longueur. Elle est impressionnante sur les milliers de kilomètres proches de Pékin, la capitale. Elle se réduit ailleurs et ressemble à une imposante levée de terre à certains endroits.
Divers
* On prête à la Grande Muraille la réputation d'être le plus grand cimetière du monde. Environ 10 millions d'ouvriers sont morts pendant les travaux[2]. Ils n'ont pas été enterrés dans la muraille elle-même mais dans ses environs immédiats.
* Pendant la Révolution culturelle, les rebelles et les gardes rouges s'en prenaient aux monuments et aux lieux de culte : plusieurs briques de la Grande Muraille de Chine furent enlevées pour construire des porcheries[3].
* Le 7 juillet 2007, la muraille a été désignée comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde par un organisme non officiel et à caractère commercial (NewOpenWorld Foundation).